抛物线 一只鸽子 在圣日尔曼广场上等喷泉 夏天已经热起来了 小女孩梳好辫子 像要去上学那样 带着小熊出门找朋友玩 一位货车司机 窝在沙发上看电视 一个再普通不过的休息日 可是喷泉迟到了 鸽子一转身 飞到圣日尔曼教堂的窗沿上等待 小女孩坐在马路边 已经弄脏了裙子和鞋 货车司机想起厨房里还没有洗的碗 在沙发上突然一下坐了起来 然后喷泉就开始了 鸽子从窗沿上飞了出去 小女孩兴奋地向朋友挥手 手里的小熊飞了出去 货车司机打开水龙头 水龙头里的水飞了出去 这个世界上就多了三个完美的抛物线 如果我们不考虑空气的阻力 如果我们也刚好有意无意地 卡在生活的抛物线里 那琐碎的,原因不明的 日夜悬浮的抛物线里 2025.07.08 p.s. 这首诗的想法来自于Claude Simon采访里的一段话:“Prenons en effet, dans Les corps conducteurs, trois ensembles qui, à première vue, dans « la réalité », sont très éloignés les uns des autres : une jungle, un enfant traînant un jouet dans la rue d’une grande ville, une vieille dame dans le hall d’un hôtel. Rien de commun, dans le monde réel, entre ces trois éléments, rien apparemment. Je précise que la vieille dame n’est pas près du petit garçon, elle ne le connaît pas. Pourtant un fleuve serpente dans la jungle en décrivant des méandres, la ficelle détendue du jouet que traîne l’enfant sur le trottoir décrit des méandres, le boa qui tombe des épaules de la vieille dame décrit une courbe serpentine sur la moquette du hall de l’hôtel.”