Courir
J’attendais que la pluie vienne mais elle n’est pas venue,
alors je n’ai pas eu d’autre choix que d’aller au parc, de courir.
Je n’ai pas pu m’empêcher de m’hypnotiser en courant,
continue, juste un tour de plus, encore un tour de plus.
L’inconvénient de courir sans téléphone,
qui est aussi un avantage, c’est que je ne sais jamais quelle heure il est.
Dans l’angoisse de ne pas savoir pendant combien de temps je devais continuer à courir,
je suivais un monologue intérieur. Des mots au hasard tassés au hasard,
comblant le vide trop long, trop grand.
Je ne me souvenais pas à quel tour j’étais, quand j’ai décidé d’un coup,
que je devrais, comme aujourd’hui, sortie courir sans en avoir envie,
faire plus de choses qui ne sont pas faciles,
continuer à courir ce maintenant, ce présent,
et puis j’ai pensé à Faulkner, à Lena, à Harry,
comme s’ils étaient là à courir avec moi.
2025.11.11